Dimanche 9 mars 2008
"Tel celui que j'aperçus un tantôt dans notre "hall" à l'heure où les épreuves sont soumises à la clientèle, sensiblement exacte à ce rendez-vous quotidien. Par les petits groupes
tout absorbés sur leurs épreuves respectives, j'allais de l'un à l'autre, donnant ma consultation. A celui-ci arrivé :
- Et vous, monsieur, voulez-vous que je vienne vous aider à être sévère ? D'abord, comment vous trouvez-vous ?
- Mais pas mal, monsieur. Je suis content.
- Permettez-moi de voir... Je regarde les deux épreuves - je relève les yeux sur le modèle... C'était l'épreuve d'un autre qu'il tenait en main - et dont il était "satisfait"..."
"Eh bien, j'ai trouvé plus fort : une autre fois j'ai fait coup double !
[...]
Alors donc, deux messieurs, départementaux, sont venus poser de compagnie et ils reviennent de compagnie voir leurs épreuves. Selon le rite invariable, l'employé a remis à l'un les épreuves de l'autre, à l'autre les épreuves de l'un.*
Ils sont l'un et l'autre depuis un bon moment silencieusement braqués, chacun de son côté, sur ces images.
J'interviens :
- Eh bien, messieurs, êtes-vous satisfaits ? Avez-vous choisi ?
Tous deux à l'égal se disent content.
- ... Seulement, me fait observer l'un, tout timidement, il me semblait que... que je n'avais pas de moustaches ?...
Je regarde l'image, je regarde l'homme, je regarde son ami... Chacun des deux tenait le portrait de l'autre - et s'y reconnaissait !!!"
Quand j'étais photographe, Nadar.
*chez Nadar c'était une astuce pour que l'instant de la révélation de la photographie soit atténué : normalement, en inversant les portraits, chacun trouvait l'image de l'autre admirable de ressemblance et de qualité.
- Et vous, monsieur, voulez-vous que je vienne vous aider à être sévère ? D'abord, comment vous trouvez-vous ?
- Mais pas mal, monsieur. Je suis content.
- Permettez-moi de voir... Je regarde les deux épreuves - je relève les yeux sur le modèle... C'était l'épreuve d'un autre qu'il tenait en main - et dont il était "satisfait"..."
"Eh bien, j'ai trouvé plus fort : une autre fois j'ai fait coup double !
[...]
Alors donc, deux messieurs, départementaux, sont venus poser de compagnie et ils reviennent de compagnie voir leurs épreuves. Selon le rite invariable, l'employé a remis à l'un les épreuves de l'autre, à l'autre les épreuves de l'un.*
Ils sont l'un et l'autre depuis un bon moment silencieusement braqués, chacun de son côté, sur ces images.
J'interviens :
- Eh bien, messieurs, êtes-vous satisfaits ? Avez-vous choisi ?
Tous deux à l'égal se disent content.
- ... Seulement, me fait observer l'un, tout timidement, il me semblait que... que je n'avais pas de moustaches ?...
Je regarde l'image, je regarde l'homme, je regarde son ami... Chacun des deux tenait le portrait de l'autre - et s'y reconnaissait !!!"
Quand j'étais photographe, Nadar.
*chez Nadar c'était une astuce pour que l'instant de la révélation de la photographie soit atténué : normalement, en inversant les portraits, chacun trouvait l'image de l'autre admirable de ressemblance et de qualité.







