Vendredi 7 mars 2008
Si vous êtes adeptes de l'argentique, voici ce qui risque de vous schtroumpfer :


http://www.youtube.com/watch?v=Sa2OpNTX9Ck&locale=en_US&persist_locale=1

L'argent colloïdal est utilisé en naturopathie comme antiseptique. L'intoxication chronique par les sels d'argent consécutive à un traitement prolongé (et la coloration due à l'application locale prolongée de nitrate d'argent) est l'argyrie.

Nom d'un schtroumpf !


par p.c. publié dans : Divers communauté : Photographies
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Mardi 26 février 2008
"Pour faire une oeuvre d'art, la matière première ne suffit pas : il faut un artiste."
Le Gaulois, 10 novembre 1902, Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière.

par p.c. publié dans : Citations communauté : Chuiphotopathe et vous ?
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Mardi 26 février 2008
"La Photographie est une découverte merveilleuse, une science qui occupe les intelligences les plus élevées, un art qui aiguise les esprits les plus sagaces - et dont l'application est à la portée du dernier des imbéciles.
[...]
La théorie photographique s'apprend en une heure ; les premières notions de pratique, en une journée."
Félix Tournachon dit Nadar, Mémoire pour la revendication de la propriété exclusive du pseudonyme Nadar, Mémoires du tribunal de Paris, 12 décembre 1857.

Je suis souvent frappé par la teneur technique des forums de photographie. Pourtant, toute image se réduit à un couple vitesse-diaphragme : toutes les aides électroniques de la terre, mise au point automatique avec asservissement du cadrage à double implémentation de la mesure matricielle globale (ça finira bien par exister :-) se termine par 1/60 à f 8 ou 1/125 à f5.6 ou quelque chose comme cela. Est-ce suffisant pour faire une image ? Nécessaire mais insuffisant.
Lorsque je regarde des images de Depardon ou de Witkin, ce n'est pas le couple vitesse-diaphragme qui me saute aux yeux. Pour radicaliser mon raisonnement, une photo est une réaction due à l'action de la lumière... au final une excitation d'électrons. Méconnaître la physique atomique n'est pas un frein à l'expression en photographie. Connaître la technique dont on a besoin est suffisant.

On connaît tous des images techniquement "légères" et imparfaites qui sont porteuses de quelque chose et des images techniquement réussies et parfaitement creuses. Cela comme preuve que c'est autre chose qui fait l'image. La question initiale reste ce que l'on y met avant comment l'on y met.
Quand peut-on juger qu'une image est techniquement réussie ? Quand la technique mise en œuvre concourt à l'émotion, au discours ? Alors la photographie inclut "l'échec technique" comme technique même : le grain, le flou, le décadré, le trop sombre, le trop contraste, etc. :

Bill Brandt : Trop contrasté.
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David Hamilton : Trop flou.
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Eugene Smith : Trop sombre.
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Franco Fontana : Trop coloré.
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Henri Cartier-Bresson : Pas assez coloré.
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Yusuf Karsh : Trop posé.
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Mais aussi :

Delatour : Trop sombre.
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Seurat : Trop de grain.
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Turner : Trop flou.
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Masson : Trop coloré.
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Monory : Pas assez coloré.
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Soulages : Trop noir.
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En photographie comme en peinture il n'y a pas d'objectivité technique. Affirmer le contraire, c'est la voie royale des académismes. La technique est au service du projet de l'auteur, il faut l'apprendre et l'oublier. Les choix techniques ne devraient être que les conséquences des choix esthétiques.

J'ai quelques souvenirs d'assistanat : des heures pour éclairer un fer à repasser, deux jours (avec peintre, menuisier, styliste, photographe, assistants, créatifs de l'agence de pub, comédien et maquilleuse) pour construire, décorer et éclairer une ambiance pour de la photographie de meubles. Sans compter le meilleur labo du coin pour développer les plans films réalisés avec la meilleure Sinar du moment. Le résultat est loin de parler d'émotion. Une journée entière pour construire un décor et une lumière pour éclairer... des poulets pour un catalogue. Photographier une fraiseuse est très technique. Me plonger dans des catalogues de photographies industrielles réveille rarement en moi de quelconques sentiments esthétiques. Raisonnement par l'absurde ? Oui. Qui démontre qu'une technique sans projet ne parle de rien d'autre que... de technique !

Une culture de l'image semble en revanche indispensable. Personne ne lit un horaire SNCF comme un poème de Desnos ou plonge dans du Zola comme dans son contrat d'assurance. On ne peut pas, on ne doit pas regarder une image d'Eugene Smith comme une photographie d'un dépliant du rayon charcuterie d'un supermarché ou une image de Koudelka comme une radiographie des poumons (J'espère à l'inverse que mon radiologue ne regarde pas les radiographies comme il regarde des images de Koudelka !). Tout le monde se pense "compétent" en matière artistique. Ce n'est probablement pas le cas. En la matière, rien n'est naturel et acquis d'emblée.

Pour conclure, dans son mémoire, Nadar précisait :
"Ce qui ne s'apprend pas, je vais vous le dire : c'est le sentiment de la lumière, c'est une application artistique des effets produits par les jours divers et combinés, c'est l'application de tels ou tels de ces effets selon la nature des physionomies qu'artiste vous avez à reproduire.
Ce qui s'apprend encore moins, c'est l'intelligence morale de votre sujet, c'est ce tact rapide qui vous met en communication avec le modèle, vous le fait juger et diriger vers ses habitudes, dans ses idées, selon son caractère, et vous permet de donner, non pas banalement et au hasard une indifférente reproduction plastique à la portée du dernier servant de laboratoire, mais la ressemblance la plus familière et la plus favorable, la ressemblance intime.
- C'est le côté psychologique de la photographie, le mot ne me semble pas trop ambitieux [...]."

par p.c. publié dans : De la photographie communauté : Photographies
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Vendredi 22 février 2008
Les premières images héliographiques, comme les appelait Niépce, nécessitaient des temps de pose extrêmement longs. Il avait obtenu des images (des reproductions de lithographies) dès 1816 mais elles se sont progressivement détériorées car il ne savait pas les fixer. Il ne reste aujourd'hui que peu d'images de Niépce. La plus célèbre, le "Point de vue de la fenêtre du Gras" (voir l'article : "une image pourtant si banale"), probablement prise durant l'été 1826 (d'après l'historien de la photographie Helmut Gernsheim), est considérée comme la première photographie de l'histoire. Le terme de "point de vue" désignait chez Niépce une image d'après nature et le Gras était le nom de sa propriété à Saint Loup de Varennes. L'image est une plaque en étain de 16,2 x 20,2 cm enduite de bitume de judée. On peut constater son éclairage particulier : la pose a en effet duré plusieurs heures (les experts estiment le temps de pose entre 10 et 18 heures) ce qui explique les ombres présentes des deux côtés, le soleil ayant éclairé successivement le côté droit puis le côté gauche.


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Reproduction de la photographie de Joseph Nicéphore Niépce, Point de vue de la fenêtre du Gras, Juin 2002, Harry Ransom Center et J. Paul Getty Museum

En 1827, Niépce veut présenter à la Royal Society de Londres quelques plaques métalliques gravées. Mais le procédé, insuffisamment documenté, n'intéresse pas l'illustre assemblée anglaise ! Niépce remit cette plaque au docteur Francis Bauer, botaniste intéressé par ses expériences d'héliogravure et lui-même membre de la Royal Society de Londres. La plaque fut vendue aux enchères à la mort du docteur Bauer en 1841 et changea plusieurs fois de mains (Dr Robert Brown puis J.J. Bennett). Elle fut ensuite vendue en 1884 au photographe Henry Baden Pritchard (éditeur des Photographic News) qui décéda deux semaines plus tard. Elle fut exposée à l'International Inventions Exhibition à Londres en 1885 et, toujours à Londres, à la Crystal Palace Photographic Exhibition en 1898 puis elle disparut. La veuve d'Henry Baden Pritchard pensait que l'image ne lui avait pas été rendue après l'exposition de 1898. Pendant plusieurs années la photographie fut considérée comme perdue. En 1952, sur les investigations de l'historien de la photographie Helmut Gernsheim qui recherchait cette première photographie, Mme Pritchard, veuve du fils d'Henry Baden Pritchard, redécouvrit l'image dans une malle qui appartenaient à sa belle-mère (décédée en 1917) parmi quelques notes écrites par Niépce. Helmut Gernsheim en fit alors l'acquisition.

Cette image d'exception était restée durant près de cinquante ans dans une malle (Allez fouiller les cartons qui traînent dans vos greniers, ne sait-on jamais ?). En 2002 elle a été analysée, avec des techniques non-invasives, à l’Institut de conservation Paul Getty, à Los Angeles, USA.



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Helmut Gernsheim au Ransom Center, 1978, Ed Malcik

Helmut Gernsheim ayant cédé cette précieuse image en 1964, cette photographie est aujourd'hui conservée dans un conteneur transparent, rempli d'hélium pour éviter les réactions chimiques, au musée du Harry Ransom Humanities Research Center, à l'université du Texas à Austin, USA, parmi d'autres pièces de la Collection Helmut Gernsheim.

Si Niépce, dans la solitude de ses premières recherches, avait un instant imaginé le nombre de photographies qui seraient réalisées dans le monde quelques 180 années plus tard ! Le comble, c'est que nous n'avons même pas son portrait photographique...

par p.c. publié dans : Histoires de photographie communauté : Photographies
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Mardi 19 février 2008
Noir & Blanc - De la prise de vue au tirage, Philippe Bachelier, 2005, éditions VM.

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Il s'agit d'un ouvrage de référence (peut-être l'ultime ?) destiné à la pratique du noir et blanc argentique. Pointu mais simple, il convient aussi bien au débutant qu'au spécialiste. Les articles sont abordables par tous bien que l'ouvrage traite des pratiques avancées du noir et blanc. Un ouvrage indispensable aux adeptes du noir et blanc argentique.

Quatrième de couverture :

"Noir & Blanc de Philippe Bachelier s'est imposé comme le livre de référence de tous les passionnés de tirage noir et blanc, qu'ils soient amateurs, étudiants ou professionnels.

Dans cette nouvelle édition mise à jour et augmentée, l'auteur présente les caractéristiques des films noir et blanc, donne des conseils de prise de vue et d'exposition, avant de traiter en détail des techniques de développement du négatif : choix des produits, température des bains et durée de développement, fixage, lavage, séchage, correction et archivage.

La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée au tirage : aménagement d'un labo photo, choix du papier et des produits chimiques, planche-contact et tirage de lecture, réalisation du tirage final (temps d'exposition, contraste, techniques de maquillage...), la finition et présentation du tirage.

L'ouvrage s'achève sur 13 exemples de tirages commentés, grâce auxquels vous apprendrez à interpréter un négatif et à mettre la technique au service de votre créativité."

Le site de Philippe Bachelier (qui mérite la visite rien que pour la photographie de la page d'accueil  !) : www.philippebachelier.com

par p.c. publié dans : Livres communauté : La photo en Noir & Blanc
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